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L’implication des ONG dans le procès khmer rouge (CETC)


Beaucoup d’ONG sont impliquées dans le procès Khmer Rouge. Cette implication peut prendre différentes formes : Sensibilisation et information au procès,  assistance juridique ou encore soutien psychologique aux témoins et victimes.

Sensibilisation et information au procès


Outre sa propre campagne d’information, son site Internet et son bulletin mensuel, le tribunal compte aussi sur le soutien des ONG pour la sensibilisation et l’information au procès.
Certaines ONG ont mis au point des programmes radios d’information sur le tribunal et son actualité. La radio est en effet le média idéal pour toucher un maximum de la population dont peu ont accès à la télévision, les journaux ou Internet.  De plus, le Cambodge possède un taux d’alphabétisation particulièrement bas.

Le DC-Cam (Documentation Center of Cambodia) rend compte du déroulement du procès dans son magazine « Searching for the Truth ». Il en lit également des passages dans son émission radiophonique hebdomadaire éponyme.

Le WMC (Women’s media Center of Cambodia) présente des informations sur les Khmers Rouges et les CETC dans son émission hebdomadaire « The Truth »

L’ONG ADHOC diffuse une fois par mois l’émission « Le tribunal khmer rouge et la Cour pénale internationale »

Le CHRAC diffuse « KRT Watch » tous les jeudis.

Le CSD diffuse tous les jours son programme « Voice of Justice »

Les partenaires du tribunal pour l’information :

Cambodia Justice Initiative (CJI)
Center for Social development (CSD)
Centre de documentation du Cambodge (Dc-Cam)
Institut khmer pour la démocratie (IKD)
Open Forum of Cambodia
Women’s media Center of Cambodia (WMC)


Assistance juridique


L’assistance juridique aux victimes constitue le rôle de l’Unité des victimes des CETC. Elle est chargée de soutenir les victimes dans le dépôt des plaintes et des constitutions de parties civiles, / d’informer les victimes de leurs droits et de les aider à participer en leur fournissant l’assistance juridique nécessaire. Néanmoins, les CETC ne lui ont pas alloué les ressources suffisantes pour remplir convenablement cette énorme tâche.
Pour combler ce manque, un certain nombre d’ONG se sont lancées dans des campagnes de sensibilisation à la participation au procès et parcourent les campagnes afin de motiver les gens à témoigner et les aider à formuler leurs plaintes.
Une initiative plus que nécessaire étant donné que le formulaire de participation n’est disponible qu’au bureau de l’Unité des victimes à Phnom Penh ou sur le site web des CETC. Une fois rempli, le formulaire doit ensuite être renvoyé à l’Unité des victimes. Un processus bien loin des réalités cambodgiennes !
Les ONG sont donc indispensables pour faire le lien que ce soit au niveau de l’information, la sensibilisation, l’aide pour remplir les formulaires et tout le suivi administratif.

Citons en exemple l’action du CSD qui organise des Forums Publics sur dans les différentes provinces du Cambodge sur le thème « Justice and National Reconciliation ». Les participants y sont familiarisés avec le fonctionnement des CETC et ceux qui le souhaitent sont ensuite encadrés pour remplir un  formulaire de plainte.

Certaines ONG plus spécialisées proposent en outre une formation ou une représentation juridique pour les victimes.

Le Dc-Cam est aussi actif dans la requête des plaintes, mais il refuse de fournir une représentation juridique car il estime qu’il s’agit ici du rôle de l’Unité des victimes


Les partenaires officiels du tribunal pour l’assistance juridique :


ADHOC : Association pour les droits de l’Homme et le Développement au Cambodge. Avec un bureau par province, ils sensibilisent la population et procurent de l’aide aux victimes.

CDP : Projet cambodgien de défenseurs publics. Il fournit une défense légale gratuite aux pauvres et aux plus vulnérables

CHRAC : Comité d’action cambodgien pour les droits de l’homme, qui regroupe 21 ONG locales. Selon le site d’information K7, la majorité des victimes s’en remettent à son secrétariat, qui concentre les plaintes dans une banque de données afin d’éviter les doublons, et les envoie à l’Unité des victimes des CETC.

Le Comité cambodgien des droits de l’homme

LICADHO : Ligue cambodgienne de défense des droits de l’homme

LAC : Legal aid of Cambodia. Il fournit une défense légale gratuite aux pauvres.

L’organisation internationale Avocats sans frontières (ASF) est aussi présente au Cambodge depuis 2005. Ella forme de jeunes avocats et a mis en place un système d’assistance judiciaire auprès des tribunaux de province. Elle a lancé un programme similaire au Rwanda en 1996.

 

Soutien psychologique aux témoins et victimes


Le procès peut raviver de douloureux souvenirs pour les personnes ayant subi de gros traumatismes sous le régime khmer rouge. Les personnes qui témoigneront risqueront les premiers de souffrir de problèmes psychologiques.

L’ONG TPO (Organisation psychosociale transculturelle) a donc comme projet de mettre en place un service de conseil pour ceux qui témoigneront au procès, ainsi que des campagnes de sensibilisation au traumatisme, des séminaires pour les personnes travaillant au tribunal…

Néanmoins, le TPO n’a toujours pas trouvé les fonds nécessaires pour réaliser ce projet. Rien n’a donc encore été mis en place pour l’instant.

D’autres ONG, comme le CSD, bien qu’elles ne soient pas spécialisées dans ce domaine, possèdent en leur sein des services de support émotionnel chargés de discuter avec les victimes lors des campagnes de sensibilisation à la participation au procès et de les soutenir dans le processus.


 
*Sources

 Fascicule Q-R des CETC, site du FIDH, du CSD, du CHRAC, du TPO

Site d’information en ligne K7